Pourquoi les perfectionnistes sont des insatisfaits chroniques

insatisfaction chronique perfectionnistes

Dans le cadre de ma pratique du coaching, je rencontre parfois des perfectionnistes. Certains perfectionnistes célèbres, comme Steve Jobs, ont créé de grandes sociétés. Plus souvent, le fait d’être perfectionniste ralentit l’évolution professionnelle : totalement investis dans leur quête de perfection, les perfectionnistes peuvent avoir du mal à gérer les priorités et à percevoir les opportunités.

Ils peuvent également être considérés comme des managers tatillons, peu enclins à donner des compliments. J’ai rencontré des perfectionnistes – souvent des femmes – qui font elles-mêmes le travail de leurs collaborateurs s’il ne correspond pas à leur niveau d’exigence. Au delà des questions liées à l’évolution professionnelle, le perfectionniste est en général un insatisfait chronique. Voici pourquoi.

L’autoévaluation du perfectionniste est dépendante de l’atteinte de ses standards personnels

Beaucoup de personnes considèrent être plutôt une bonne personne. Pour le perfectionniste l’estime de soi est complètement liée à l’atteinte de ses standards personnels. Ainsi, j’ai rencontrés des professionnels qui, à plus de cinquante ans, commençaient la conversation par mentionner la grande école où ils n’avaient PAS été acceptés trente ans plus tôt. C’était pour eux une façon de se situer d’une manière négative. Toute l’expérience et les projets menés avec succès ensuite ne semblaient pas compenser le fait ne pas avoir atteint ce standard auquel ils aspiraient à 20 ans.

Les standards personnels du perfectionniste sont élevés et inflexibles

Le perfectionniste n’aurait pas de problème si les standards auxquels il aspirait variaient en fonction des sujets et étaient raisonnablement atteignables. Le perfectionniste compare chacun de ses traits de personnalité, de ses compétences, de ses actes, à ce qui se fait de mieux autour de lui. Ses standards sont Einstein pour l’intelligence, Usain Bolt pour la course à pied, George Clooney pour le pouvoir de séduction, Mère Theresa pour le dévouement, le Dalaï Lama pour la zen attitude,Johnny pour la chanson, Tiger Woods(…euhhh enfin peut-être plus) pour le golf….. Du coup, il y a un grand nombre de choses que le perfectionniste évite de faire, à savoir tout ce en quoi il n’excelle pas. J’entends ‘il vaut mieux que X présente le projet car tout le monde s’endort quand je prends la parole’,’je me tais en conf call car je suis nul en anglais’, ….

L’estime de soi des perfectionnistes est un yo-yo

C’est top, ou c’est nul. Quand il atteint ses standards, le perfectionniste est temporairement champion du monde. Quand il ne les atteint pas, il n’est bon à rien. S’il fait partie d’une équipe qui ne gagne pas, il ne voit que son échec à lui : peu importe la responsabilité des uns et des autres, il aurait dû prévoir, mieux gérer, mieux “rattraper le coup”…

Son attention est sélective sur les échecs

Peu importe tout ce qu’il a réussi : toutes les capacités intellectuelles et émotionnelles du perfectionniste sont absorbées par l’objectif qu’il n’a pas atteint. Il ne sera pas content d’avoir délivré le dossier compliqué en temps et en heure, il se sentira abattu parce qu’il a repéré une faute d’orthographe au bas de la page 33.

Des standards sans cesse revus à la hausse

Quand le perfectionniste atteint ses standards, il s’empresse de les réévaluer : s’il est arrivé à atteindre son but, c’est que ce n’était pas très difficile après tout. Il va donc s’empresser de se “mettre la barre plus haut” et d’investir toute sa puissance intellectuelle, physique et psychique pour atteindre un but qui, si il l’atteint, ne le satisfera que très brièvement.

Alors que faire ?

Pour sortir de cette spirale d’insatisfactions, il faut intégrer de la flexibilité dans ses standards. Il est important de réaliser qu’Einstein n’était peut-être pas très bon en course à pied, Usain Bolt n’est peut-être pas le plus intelligent. La Mère Teresa n’est pas très connue pour son pouvoir de séduction, le Dalaï Lama remplit les grandes salles mais pas pour chanter, Johnny n’était pas donné en exemple de zen attitude et Tiger Woods… Bref, vous comprenez le raisonnement.

Il faut avoir des critères élevés dans certains domaines, de préférence ceux pour lesquels on est spontanément doué, et avoir de la souplesse dans les autres domaines.

Cela fera de vous quelqu’un de plus efficace et de plus satisfait.

Question subsidiaire : pour qui voulez-vous être parfait ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *