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Compliment, blague, flirt ou harcèlement sexuel : où est la limite ?

Le harcèlement sexuel fait régulièrement la une des journaux, cependant 10 à 15 % des personnes rencontrent leur conjoint au travail. Les hommes comme les femmes ne savent souvent pas où commence le harcèlement sexuel. Chaque pays a sa propre loi qui le définit.

La définition du harcèlement sexuel

Voici la définition des Nations unies : ” Le harcèlement sexuel s’entend de toute avance sexuelle importune, de toute demande de faveurs sexuelles ou de tout autre comportement verbal ou physique à connotation sexuelle raisonnablement propre ou de nature à choquer ou humilier, lorsqu’il entrave la bonne marche du service, est présenté comme une condition d’emploi ou crée un environnement de travail intimidant, hostile ou offensant” (Nations unies, Secrétariat, Interdiction de la discrimination, du harcèlement, y compris le harcèlement sexuel, et de l’abus de pouvoir, 11 février 2008).

Il s’agit d’une définition très large, mais je suis le plus consultée au sujet des blagues, des compliments et des flirts.

Blagues, compliments et flirt : où les situer par rapport au harcèlement sexuel ?

Ce que me disent le plus souvent les personnes qui sont l’objet de harcèlement sexuel, est qu’elles sont accusées de manquer d’humour. Se moquer de quelqu’un directement (ex : faire des blagues sur sa tenue, sa façon de bouger…) ou indirectement (ex : blagues sur les femmes, sur les blondes), est une caractéristique du harcèlement sexuel car il rabaisse quelqu’un et porte atteinte à sa dignité.

Un compliment est une expression polie d’admiration. Dans le cadre professionnel, il est de bon augure de faire des compliments liés au travail. Les compliments peuvent-ils être préjudiciables ? La réponse est oui. En voici un exemple : si vous faites régulièrement des commentaires sur l’apparence d’une personne, cela concentre l’attention sur son apparence plutôt que sur ses performances/capacités. Le fait d’être perçu comme “une jolie chose” peut nuire à la crédibilité professionnelle de la personne.

Quant au flirt, il devient généralement un harcèlement sexuel lorsque l’engouement d’une personne n’est pas partagé, qu’elle nie la réponse négative – explicite ou implicite – et poursuit sans relâche avec des messages pseudo-romantiques (qu’ils soient verbaux, écrits ou comportementaux). NB : ceci se produit aussi souvent après la fin d’une relation. Le collègue harcelé est en alerte constante, il tente de devenir invisible au point que cela affecte gravement ses performances.

Comment reconnaître le harcèlement sexuel

Voici les éléments clés pour reconnaître le harcèlement sexuel selon moi :

  • Le harcèlement sexuel n’a rien avoir avec le sexe, c’est une question de pouvoir. Le but du harceleur n’est pas de générer de l’affection : il s’agit de dominer, de se sentir ‘tout puissant’.
  • Le harceleur a l‘intention de perturber, de rabaisser, d’embarrasser de sorte que la personne harcelée perde une grande partie de sa concentration et de son potentiel pour faire du bon travail.
  • Le harceleur porte atteinte à la dignité de la personne harcelée.

Il est difficile de prouver l’intention d’une personne, mais si quelqu’un au travail fait constamment des blagues pour se moquer ou rabaisser des personnes en fonction de leur sexe de manière générique ou partagent des blagues pornographiques, il s’agit de harcèlement sexuel. En effet, les collègues qui font partie de la catégorie ciblée, seront toujours très prudents dans leurs comportements, leurs performances et leurs tenues vestimentaires afin de ne pas ‘sortir du lot’ et risquer de devenir une cible spécifique de harcèlement.

Une chose à savoir : le harcèlement sexuel n’a rien à voir avec l’apparence : il touche les personnes des deux sexes, à tout âge, qu’elles répondent ou non aux “critères de beauté” communs.

Voici mes conseils si vous vous demandez si il y a – ou non- un harcèlement sexuel :

  • Si vous vous demandez si vous pouvez être accusé de harcèlement sexuel, demandez-vous comment vous vous sentiriez si quelqu’un se comportait envers vous comme vous le faites. Si je prends certains des exemples ci-dessus : comment vous sentiriez-vous si vous receviez les compliments que vous faites, avec la même fréquence ? comment vous sentiriez-vous si vos collègues échangeaient des blagues sexuelles sur votre sexe et partageaient du matériel pornographique ? Si cela vous met mal à l’aise, c’est un signe que vous êtes en situation à risque.
  • Si vous vous demandez si vous êtes la cible de harcèlement sexuel : notez ce qui s’est passé, et vérifiez les critères de la définition un par un. Je vous conseille de commencer à faire un journal en vous envoyant des courriels établissant les faits, chaque fois qu’ils se produisent en mentionnant les témoins potentiels. L’e-mail indiquera le jour et l’heure à laquelle le harcèlement s’est produit et vous sera très utile si vous souhaitez déposer une plainte, que ce soit au niveau de l’entreprise ou au tribunal.

J’espère que cela vous aidera à comprendre ce qui est en jeu.

Rédigé pour Livemore, l’application gratuite de développement personnel

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